5 choses que j’aurais aimé savoir avant de tomber enceinte

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À l’heure où j’écris ces mots, j’attends mon cinquième enfant. On pourrait croire que je suis aguerrie à l’exercice, mais même encore maintenant je réalise à quel point il y a des choses essentielles à savoir avant de tomber enceinte, et combien de fausses croyances entourent la grossesse. Cela me rappelle ma première grossesse. J’ai grandi comme fille unique et je fuyais les bébés comme la peste. Quand je suis tombée enceinte, j’ai cherché des réponses autour de moi… sans en trouver. On m’a présenté la maternité comme quelque chose de simple, naturel, évident. Mais la réalité, c’est que la grossesse peut être une véritable épreuve physique et mentale.

Comme pour tout dans la vie, il est important d’avoir les bonnes informations pour vivre sa grossesse au mieux. Mais surtout, je me suis rendue compte qu’il y avait beaucoup d’idées reçues sur la grossesse. Par exemple, que la grossesse est la plus belle expérience d’une vie, qu’une femme enceinte est toujours radieuse et en pleine forme. Que nenni. J’aime mes enfants de tout mon cœur, mais je vis la grossesse comme une épreuve et non comme une expérience. Étant donné mes nombreuses chutes de tension et l’énorme fatigue ressentie, sans compter les nausées et l’envie de vomir incessants, j’étais loin du cliché de la femme enceinte rayonnante . Et je sais que je ne suis pas la seule à vivre cela.

C’est pourquoi j’ai décidé de partager ici les 5 choses que j’aurais aimé savoir avant de tomber enceinte. Des vérités simples mais cruciales, pour que d’autres femmes puissent vivre leur grossesse en étant mieux préparées.

1. Nausées de grossesse : elles peuvent durer jusqu’à l’accouchement

Les nausées de grossesse sont l’un des symptômes les plus emblématiques de la grossesse. Dans la majorité des cas, elles disparaissent à la fin du premier trimestre, une idée bien ancrée dans l’imaginaire collectif. Et pourtant…. Sans explication apparente, les nausées persistantes peuvent durer tout le deuxième trimestre. Certaines femmes continuent même de vomir jusqu’au jour de l’accouchement. Dans de (pas si) rares cas, les vomissements sont si intenses que certaines futures mamans ne peuvent pratiquement rien avaler pendant neuf mois : c’est ce qu’on appelle l’hyperémèse gravidique.

Ce symptôme est tellement banalisé qu’il existe encore peu de moyens réellement efficaces pour soulager les femmes enceintes qui en souffrent au quotidien. Et le pire, c’est qu’il n’y a pas toujours une raison scientifique à ces nausées. Il y a un consensus selon lequel pendant le premier trimestre, l’augmentation de l’hormone de grossesse bêta-HCG, provoquerait ces nausées, et que la diminution du taux de cette hormone au troisième mois permettrait la disparition des nausées.

Dans mon cas, cela ne s’est pas toujours vérifié. Pour la majorité de mes grossesses, les nausées ont cessé vers 20 semaines, au milieu du deuxième trimestre. Mais pour cette cinquième grossesse, à sept mois, il m’arrive encore d’en souffrir : après avoir mangé quelque chose de sucré, pleuré, ou ressenti du stress. Parfois, un simple changement de position trop brusque suffit à déclencher la nausée.

Ce symptôme, qui peut être extrêmement handicapant pendant la grossesse, devrait être mieux pris en compte par le corps médical. Il est donc important que les futures mamans soient informées de la réalité des nausées prolongées, afin de pouvoir adapter leur quotidien, leur alimentation, et leur rythme.

Mon conseil : écoutez-vous. Si les nausées deviennent trop envahissantes et vous empêchent de poursuivre votre activité professionnelle, n’hésitez pas à en parler à votre médecin. Dans la mesure du possible, faites-vous arrêter. Votre bien-être compte autant que celui de votre bébé.

2. Grossesse et santé : les complications graves à connaître pour mieux se protéger

Il existe un adage populaire qui dit qu’être enceinte, c’est avoir un pied dans la tombe. Cela peut paraître exagéré, mais pour certaines femmes, la grossesse peut réellement entraîner de graves problèmes de santé. Personnellement, je ne l’avais jamais vécu. Jusqu’à aujourd’hui. Malgré quelques symptômes désagréables dans mes grossesses précédentes, je ne m’étais jamais sentie en danger. Mais pour cette cinquième grossesse, tout a changé.

J’avais bien sûr entendu parler de la pré-éclampsie ou du diabète gestationnel, qui figurent parmi les complications de grossesse les plus surveillées pendant les visites prénatales. Mais ces pathologies sont si médiatisées que d’autres, tout aussi sérieuses, passent inaperçues.

Infections : toxoplasmose, listériose… et le CMV

Le corps médical surveille la toxoplasmose et nous sensibilise sur la listériose, en nous donnant une liste longue comme le bras d’aliments à bannir. Mais on ne nous parle jamais du CMV, cytomégalovirus de son vrai nom. 

Ce virus, transmis par les larmes ou les urines (notamment chez les jeunes enfants), est bénin pour un adulte sain, mais peut entraîner de graves malformations fœtales s’il est contracté pendant la grossesse. Et pourtant, le dépistage du CMV n’est toujours pas systématique en France.

Attention aux maladies du foie pendant la grossesse

Pour les femmes atteintes de pré éclampsie, on sait qu’il y a un risque majeur de défaillance du foie, appelé HELLP syndrome. Parmi les autres affections hépatiques liées à la grossesse, il y a aussi la cholestase gravidique, une maladie propre à la femme enceinte qui résulte d’un excès d’acides biliaires dans le sang. Son symptôme principal ? Des démangeaisons intenses, souvent aux extrémités. 

Cette maladie n’est pas dangereuse si elle est prise à temps, et pourtant la prise de sang pour la détecter n’est pas prise en charge par la sécurité sociale. Pire : les résultats peuvent mettre plus d’une semaine à arriver. Lors de ma première grossesse, à 40+5 SA, on m’a proposé cet examen… avec des résultats prévus sous dix jours. J’ai refusé de le faire, étant certaine d’avoir accouché avant.

Complications cardiovasculaires pendant la grossesse: un risque souvent ignoré

Les risques cardiovasculaires pendant la grossesse sont bien réels. Pour commencer, l’embolie pulmonaire, qui a emporté de nombreuses femmes enceintes. Et pourtant, personne lors des rendez-vous prénataux ne nous apprend à en identifier les symptômes. En général, cela commence par une douleur à la jambe, qu’on attribue souvent à des petits bobos de grossesse. 

Or cette douleur peut être le signe d’une thrombose veineuse profonde, signe de la formation d’un caillot sanguin. S’il n’est pas éliminé à temps, ce caillot peut malheureusement migrer vers le poumon : c’est l’embolie, qui peut être mortelle. Le problème, c’est que les symptômes comme l’essoufflement ou les douleurs sont souvent banalisés. Et pourtant, ce sont parfois des signaux d’alarme. Si vous êtes enceinte et que vous ressentez ces symptômes, n’hésitez pas à vous rendre aux urgences pour éliminer tout signe d’embolie.

Enfin, n’oublions pas le cœur. Pendant la grossesse, le rythme cardiaque accélère, celui-ci devant travailler pour deux. Mais malgré tout, il y a une limite. Cependant, si celui-ci dépasse les 110 battements par minute, il faut consulter. Lors d’un dépistage organisé dans mon quartier, les médecins ont trouvé que mon cœur battait à 135 battements par minute. J’ai donc été adressée en urgence à un cardiologue, qui finalement m’a expliqué que le bébé était sûrement positionné sur ma veine cave intérieure, obligeant mon cœur à une activité plus intense. Il m’a prescrit du repos et le maintien d’une position allongée sur le côté gauche pour éviter tout écrasement.

La prochaine fois que l’on vous dira que la grossesse n’est pas une maladie, vous pourrez répondre à votre hôte que certes ce n’est pas une maladie, mais qu’elle peut rendre très malade, voire tuer.

Mon conseil : au moindre symptôme inhabituel pendant la grossesse, consultez un professionnel de santé. Et si vous ne vous sentez pas écoutée, ce qui est souvent le cas, changez de médecin ou d’établissement. J’ai suivi ce conseil pour moi-même, et cela a sauvé la vie de mon fils aîné, en souffrance fœtale non détectée.

3. L’idéalisation de la grossesse : une pression sociale invisibilisée

Dans l’imaginaire collectif, la grossesse est une expérience idéale, naturelle et forcément épanouissante. Les femmes étant supposément « programmées » pour porter la vie, il leur serait inconcevable de mal vivre leur grossesse ou de ne pas aimer être enceintes. De la même manière, parce que leur corps est censé savoir quoi faire, on attend des femmes enceintes qu’elles soient radieuses, pleines d’énergie et souriantes. Et cela continue après l’accouchement. Les médias nous abreuvent d’images de jeunes mamans actives dès les premiers jours suivant l’accouchement, dynamiques, avec un ventre plus plat qu’une planche à découper. Comme si tout était si simple.

Mais dans la majorité des cas, la réalité est tout autre. Beaucoup de femmes n’aiment pas être enceintes, non pas parce qu’elles rejettent la maternité, mais parce que porter un enfant est épuisant. Le corps est mobilisé en permanence, et il est parfois possible de se sentir comme dans une cage. Et si les désagréments sont omniprésents, ils peuvent empêcher de vivre une vie normale et immobiliser pendant de nombreuses semaines.

Parlons également de la période post-partum. Après l’accouchement, c’est souvent le vide médical. Le suivi post-partum est souvent limité à un seul rendez-vous six semaines plus tard, alors que cette période est une zone de turbulence émotionnelle et physique majeure. En France, près de 16 % des femmes souffrent de dépression post-partum dans les deux mois suivant la naissance. C’est presque une femme sur six

Et pourtant, l’entourage ne comprend pas souvent qu’une femme ait besoin de temps pour récupérer après un accouchement, que ce soit physiquement ou psychologiquement. Il ne comprend pas non plus que les parents aient besoin d’intimité et de calme pour faire connaissance avec leur nouveau-né, ou encore que la maman ne puisse pas recevoir tout un groupe de personnes qui souhaitent faire connaissance avec son bébé, mais qu’au contraire elle ait besoin d’aide pour les tâches quotidiennes les jours suivant sa sortie de la maternité.

Alors pour se conformer aux diktats de la société, de nombreuses femmes se taisent et, par leur silence, contribuent à véhiculer cette fausse image de la grossesse. Pour que les choses changent, il faut avouer la vérité : donner la vie est l’une des plus belles expériences qu’une femme puisse vivre, mais très souvent, cette expérience est vécue comme une épreuve physique et psychologique sans précédent. Et ça, la société doit désormais le prendre en compte. Car cette idéalisation, par l’invisibilisation du vécu réel des mères, participe d’une certaine façon à alimenter les violences systémiques faites aux femmes.

Mon conseil : éloignez-vous de toute personne qui vous donne des conseils non sollicités, critique vos choix en matière d’accouchement, d’allaitement ou de parentalité, ou encore minimise votre ressenti. Votre santé mentale vous remerciera.

4. Le post-partum, partie intégrante de la grossesse

Médicalement, on a tendance à dissocier le post partum, c’est-à-dire la période qui suit l’accouchement, de la grossesse. Et pourtant, le post-partum devrait être considéré comme une continuité de la grossesse, car elle permet au corps de se remettre de neuf mois éprouvants, tout en prenant soin d’un nouveau-né. Cependant, le suivi médical post-accouchement reste très léger : un rendez-vous six semaines après, quelques séances de rééducation périnéale, et puis… plus rien. Peu de choses sont mises en place pour accompagner et soutenir les jeunes parents, tant physiquement que psychologiquement. Résultat, de nombreux parents sombrent en silence, faute de soutien post-partum adéquat.

Dans certaines cultures, on valorise pourtant cette période avec le concept du « mois d’or », où l’entourage s’occupe du foyer pendant que la maman peut se reposer, récupérer et créer un lien avec son bébé. Cette pratique, encore rare en France, souligne à quel point le rétablissement post-accouchement est crucial.

La dissociation entre grossesse et post-partum a aussi des conséquences sur l’allaitement. En France, le congé maternité dure à peine 10 semaines après la naissance, alors que l’OMS recommande un allaitement exclusif pendant six mois. Chaque femme est libre de nourrir son bébé comme elle l’entend. Cependant, pour celles qui font le choix de l’allaitement s’ouvre un véritable parcours du combattant, et concilier allaitement et vie professionnelle peut être un vrai casse-tête. Résultat : celles qui choisissent d’allaiter doivent jongler entre pression sociale, manque de soutien médical et culpabilité.

Par ailleurs, ni le corps médical ni la société n’encourageant un allaitement long, il faut tous les jours jongler avec les nombreuses idées reçues sur l’allaitement et le lait maternel : le lait de la maman n’est pas assez nourrissant, alors on lui met la pression pour que bébé prenne du poids. Il n’y a que peu de cours consacré à l’allaitement lors des séances de préparation à l’accouchement. D’ailleurs, ces séances couvrent peu la période post accouchement. Et c’est sans compter sur les pédiatres, qui peu formés sur les bienfaits de l’allaitement, dissuadent de nombreuses femmes de poursuivre dans cette voie.

En réalité, la charge mentale liée à l’allaitement, couplée à la fatigue du post-partum, peut être lourde à porter. Il est donc vital de mieux accompagner les mères dans cette étape cruciale de la maternité.

Mon conseil : si vous sentez que vous perdez pied, ne restez pas seule. Faites-vous aider par des professionnels (évitez l’entourage qui souvent ne comprendra pas ce que vous traversez). Psychologue, sage-femme, conseillère en lactation, ils sont là pour vous. Et surtout, protégez-vous des injonctions extérieures. Votre équilibre est une priorité.

5. L’arrivée d’un bébé : révélateur de personnalité et de conflits

Lors de l’arrivée d’un bébé, on parle souvent de baby clash, période critique où de nombreux couples se déchirent, parfois jusqu’à la séparation avant les deux ans de l’enfant. Ce phénomène s’explique en grande partie par une charge mentale parentale très inégale, souvent supportée par la mère, et un père qui peut se sentir mis à l’écart. Mais au-delà de ces déséquilibres, l’arrivée d’un bébé agit souvent comme un révélateur de personnalité, souvent trop tard.

La maman découvre parfois un amour maternel intense, nourri ou exacerbé par d’anciens traumatismes. Le père, de son côté, réalise qu’il ne se sent pas prêt à endosser les responsabilités de la parentalité, ni à accepter les bouleversements de rythme et de priorités. Ces prises de conscience, malheureusement, arrivent souvent après la naissance, rendant les tensions difficiles à anticiper ou à désamorcer. Mais une fois passée l’euphorie de la grossesse et confrontés à la dure réalité d’un nouveau-né, le couple se retrouve devant le fait accompli, et des problèmes de communication peuvent survenir.

Parfois, les choses sont plus graves : la grossesse et la naissance d’un bébé peuvent révéler des traits toxiques de personnalité. C’est souvent durant cette période que l’on découvre un conjoint abusif, manipulateur, voire violent. Heureusement ces cas sont rares, mais ils existent, très souvent sans signes précurseurs préalables.

C’est ce que j’ai personnellement vécu. Mon ex-mari semblait être un mari aimant, jusqu’à ce que je tombe enceinte. Durant mes grossesses, il a eu plusieurs accès de violence. Une fois, à 37 semaines, il m’a bousculée si violemment que j’ai failli perdre ma fille. Alors qu’au début de notre mariage il se montrait serviable, il se plaignait constamment de devoir tout gérer, pendant que j’étais clouée au lit par les nausées de grossesse, alors même que je faisais trois heures de transports par jour pour travailler. Il m’a fallu sept longues années, trois injonctions d’avorter, auxquelles je n’ai pas donné suite, et des faits de maltraitance sur mes enfants, pour comprendre que j’étais sous emprise et trouver la force de fuir. J’y reviendrai plus en détail dans un autre article.

Mon conseil : ne rompez pas la communication avec votre partenaire, surtout en période de tension, et ne prenez aucune décision de séparation sous le coup de la colère. Si vous êtes dans une relation toxique, ne restez pas seule et faites-vous aider pour sortir de l’emprise.

J’espère que cet article aura levé le voile sur les réalités de la grossesse, trop souvent passées sous silence ou édulcorées par la bien-pensance qui impose aux femmes comment elles doivent vivre la maternité. Grossesse, accouchement, post-partum, parentalité : ces expériences, intimes, intenses, et profondément individuelles, méritent d’être racontées sans filtre. Le plus important : prenez soin de vous.

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