3 choses essentielles à savoir sur le post-partum : des réalités souvent passées sous silence

  • Le post-partum correspond à la période qui suit immédiatement l’accouchement. On lui prête généralement une durée de 6 à 8 semaines, mais au vu des transformations majeures subies, la durée serait d’aun moins deux ans minimum.
  • Cette période est caractérisée par de nombreux bouleversements tels que la mise en place de la lactation, les changements corporels parfois pérennes, la fatigue due au manque de sommeil et la récupération post-accouchement.
  • Durant le post-partum, les jeunes mamans sont d’une vulnérabilité psychique  et émotionnelle extrême, et sont particulièrement exposées au risque de dépression. 
une femme tient son bébé dans ses bras sous un coucher de soleil

Lorsque l’on parle de grossesse, l’accouchement est souvent perçu comme la fin de l’aventure. Mais nous les jeunes mamans le savons bien : avec l’arrivée du bébé, un autre défi commence, celui du post-partum. Or personne ne nous prévient que les désagréments continuent pendant les suites de couche. Et même le corps médical, aussi bien pendant les rendez-vous mensuels que pendant les séances de préparation à la naissance, ne s’attarde pas sur le sujet. Cette période, pourtant fondamentale, est souvent minimisée, nous laissant dans l’inconnu face aux douleurs, aux fluctuations hormonales et à la fatigue incessante.

Moi-même, j’ai été très surprise des difficultés que j’ai rencontrées durant mes cinq post-partum. Pour mon premier, la récupération physique a été plutôt rapide malgré une grande fatigue due manque de sommeil. Cependant, mon bébé pleurait sans arrêt et sans expérience ni soutien, j’avais tout le temps l’impression de mal faire. 

Mes bébés suivants étaient plus calmes, mais physiquement, c’était une autre histoire. La fatigue était toujours présente, mais mes suites de couche étaient plus douloureuses, comme si mon corps était littéralement usé par ces grossesses rapprochées. Et ça, personne ne m’en a jamais parlé. À la sortie de la maternité on nous parle de contraception, de fermeture du col, mais rien n’a jamais été dit sur ô combien tenir son rôle de maman tout en se remettant de quelque chose d’aussi puissant que l’accouchement serait aussi difficile. Et ça, ça peut vite miner le moral.

Découvrons ensemble les vérités du post-partum pour mieux vivre cette étape car non, tout ne rentre pas dans l’ordre dès que bébé est là.

Sommaire

    Les maux de grossesse ne disparaissent pas immédiatement

    Les nausées ont la vie dure pendant le post-partum

    Pendant chacune de mes cinq grossesses, j’ai dû composer avec des nausées persistantes, des dégoûts alimentaires et de fortes remontées acides. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que ces symptômes se prolongeraient même après l’accouchement ! 

    Après la naissance de mes enfants, je ressentais des nausées matinales, particulièrement si mon estomac restait vide longtemps, ou si je mangeais trop gras, trop épicé, ou en trop grande quantité. Adieu le rêve de dévorer un burger XXL ! On nous laisse souvent croire que tout rentrera dans l’ordre après la naissance, mais les nausées post-partum et dégoûts alimentaires sont bien réels pour de nombreuses jeunes mamans.

    Les douleurs de grossesse persistent pendant le post-partum

    Les contractions, parlons-en ! Dès le deuxième trimestre de grossesse, j’ai ressenti des contractions douloureuses en raison de mon utérus contractile. Pour mon premier, cela m’a même valu une menace d’accouchement prématuré.

    Après l’accouchement, on imagine que tout est fini, mais ce n’est pas le cas ! La délivrance du placenta et les contractions post-accouchement, appelées « tranchées », peuvent être, quoique moins intenses que celles de l’accouchement, très douloureuses. En allaitant, chaque tétée ravivait cette douleur insupportable, impossible à soulager ni avec du Doliprane, ni avec du Spasfon.

    Bien que les douleurs post-partum s’atténuent après environ une semaine, elles restent éprouvantes. La nuit, j’étais réveillée par des douleurs au niveau du périnée, et je pouvais même ressentir la fermeture du col . Déjà que le manque de sommeil est courant après la naissance, ces douleurs nocturnes peuvent rendre cette période d’autant plus difficile !

    Les hormones continuent de faire des vagues pendant le post-partum

    Pendant la grossesse, les hormones ont un impact direct sur le moral, suscitant parfois des comportements inattendus. À chaque mauvaise nouvelle, c’est la catastrophe et les pleurs surgissent. Plus l’accouchement approche, plus l’anxiété monte : de grands nettoyages, des achats impulsifs… Pour mon dernier, je suis même allée jusqu’à m’épiler les sourcils et à me coiffer pour que mon bébé ne soit pas effrayé par mon apparence à la naissance ! Mon ex-mari s’en était amusé à l’époque, car les premiers jours suivant la naissance, bébé voit à peine.

    Heureusement, j’ai échappé au baby-blues, mais pas aux effets persistants des hormones post-partum liées à l’allaitement. Je reste hypersensible et facilement émotive, mais la présence de mon bébé m’apporte tant de bonheur que je parviens à garder les pieds sur terre, ou presque !

    L'allaitement au sein : un parcours semé d’embûches

    Les difficultés de la mise au sein

    Bien qu’on entende souvent que l’allaitement au sein est ce qu’il y a de mieux pour bébé, et que l’Organisation Mondiale de la Santé recommande un allaitement exclusif pendant six mois, la réalité peut être bien plus complexe.

    Lors de ma première grossesse, je me voyais déjà nourrissant mon bébé au sein avec aisance et bonheur. Pourtant, à sa naissance, il n’a pas réussi prendre le sein correctement. Et à cause de sa jaunisse, le personnel de santé a dû introduire du lait maternisé pour l’hydrater suffisamment, et au final il a préféré prendre le biberon. À deux mois, notre aventure d’allaitement était terminée.

    Pour ma deuxième et mon troisième, j’ai tenu respectivement 17 et 20 mois, mais les débuts ont été particulièrement éprouvants. Ce qu’on ne nous dit pas, c’est que la mise au sein est souvent douloureuse au départ. Entre la montée de lait et les premières prises, cette première semaine d’allaitement est une épreuve, et j’ai souvent eu envie d’abandonner. Appliquer les conseils de mise au sein ne m’ont pas aidé à rendre la douleur plus supportable, mais une fois que les mamelons s’adaptent à la bouche de bébé, cela devenait plus facile.

    La fatigue liée à l’allaitement : un aspect méconnu

    On parle rarement de la fatigue liée à l’allaitement, et pourtant, elle est bien réelle. Lors de mon premier accouchement, je n’ai pas allaité assez longtemps pour en prendre pleinement conscience, et ma récupération physique post-accouchement a été rapide. Mon fils faisait ses nuits dès trois mois, ce qui a facilité les choses.

    Avec mes deux autres bébés, l’histoire a été tout autre. Ma fille a tété longuement, préférant le sein au biberon, ce qui a entraîné une fatigue physique intense. De plus, avec un autre enfant d’à peine un an à gérer, je me traînais toute la journée, sans bien comprendre l’origine de cette fatigue chronique. Cela a eu un impact réel sur mon moral, surtout face aux autres responsabilités à gérer au quotidien.

    Si j’avais su à quel point l’allaitement pouvait épuiser, je m’y serais préparée mentalement et physiquement, et j’aurais moins culpabilisé de faire moins dans la journée, malgré la croyance que l’on doit se sentir « en pleine forme » après un accouchement. Avec mon troisième enfant, qui refusait le lait maternisé, j’ai opté pour un allaitement exclusif, ce qui a nécessité de m’alimenter davantage et de prendre des compléments alimentaires pour tenir. Cependant, mieux préparée, cette fois-ci, j’ai pu gérer la fatigue avec plus de sérénité.

    Bébé n'est pas livré avec un mode d'emploi

    Le sommeil de bébé : un défi pour les jeunes parents

    Un bébé qui fait ses nuits dès la naissance, c’est une image d’Épinal. Certains parents ont de la chance, et leur bébé a un rythme qui leur convient dès ses premiers jours. Mais le plus souvent, le sommeil de bébé est inversé : il est éveillé la nuit et dort plus ou moins le jour.

    Mon premier, lui, ne dormait pratiquement jamais. Alors que la plupart des sites internet et des livres nous apprennent qu’un nourrisson dort entre 20 et 22 heures par jour, mon bébé ne dormait pas plus d’une heure la journée, et passait ses nuits à pleurer ou à jouer. Mon troisième dormait un peu plus la journée, mais ses phases d’éveil étaient plutôt la nuit. À ses trois mois, il dormait  un peu plus longtemps la nuit, sans pour autant faire ses nuits. Quant à ma fille, elle a mis un an avant d’avoir un rythme de sommeil; aujourd’hui elle a sept ans, et le sommeil n’est pas encore totalement acquis.

    Le manque de sommeil post-partum est une réalité que nous jeunes parents subissons, mais qui est peu souvent abordée. C’est vrai qu’un bébé qui ne fait pas ses nuits c’est plutôt banal, mais physiquement et psychologiquement, avec la fatigue qui s’accumule, ça peut être très éprouvant. À cause du manque de sommeil, j’avais parfois des sautes d’humeur, et c’est toute ma famille qui en pâtissait. Au fil du temps, j’ai appris à trouver des solutions pour supporter la fatigue et le manque de sommeil, mais la patience reste le meilleur remède. 

    Les pleurs de bébé : gérer les crises avec patience et soutien

    Un bébé, ça pleure. Il peut même hurler jusqu’à réveiller tout un immeuble (véridique). Avec la fatigue accumulée par l’allaitement et le manque de sommeil, un bébé qui pleure, ça peut vite tourner au vinaigre, les drames relayés par la presse étant là pour le rappeler.

    Les moments de décharge de bébé ne sont jamais faciles, surtout qu’une crise peut démarrer à n’importe quel moment: s’il a faim, s’il fait ses dents, s’il a des coliques, ou si la journée a été trop stimulante pour lui, c’est la crise. Personnellement, dans ces cas là, j’essaie d’identifier le besoin de bébé; si je peux y répondre, tant mieux, et la crise s’arrête. Et si rien n’y fait, je lui fais un gros câlin. Si vraiment  je sens que je suis à bout,  je pose bébé dans son berceau et je sors respirer quelques minutes. En général, après ça va mieux, et je peux apporter à mon enfant toute l’attention dont il a besoin.

    Les crises d’un enfant peuvent vraiment être surprenantes, et ça, personne n’en parle. Si l’on essaie de trouver du réconfort ou des conseils auprès de nos proches ou des professionnels de santé, au mieux on se ramasse un gros silence, au pire des commentaires désobligeants. Oui, j’assume d’avoir fait des enfants; mais ceux-ci n’étant pas livrés avec des manuels d’utilisation, il est normal d’avoir parfois besoin d’éclairage, non?

    Pour toutes celles qui se reconnaîtront dans cet article, j’espère qu’il vous aura fait du bien et vous aura apporté un peu de réconfort. Ne culpabilisez pas, la société ne nous prépare pas à devenir maman (c’est pareil pour les papas d’ailleurs). C’est à force de combats d’expérience, que nous parviendrons à casser les codes de la maternité et à écrire notre propre définition de la parentalité.

    Si tu es enceinte ou jeune maman, mon livre Primipare, la maternité expliquée à ma meilleure amie sera ton meilleur allié pour traverser la période du post-partum sereinement. Il t’aidera aussi à faire taire la culpabilité et t’apporter du réconfort dans les moments difficiles. 

    Est-il normal d'avoir encore des nausées et des dégoûts alimentaires après l'accouchement ?

    Oui, c'est un phénomène méconnu mais bien réel. La chute brutale des hormones après la délivrance du placenta, la fatigue intense, le manque de sommeil et les contractions utérines (tranchées) peuvent provoquer des nausées post-partum et un dégoût de certains aliments. Si ton estomac reste vide trop longtemps ou après un repas trop riche, ces haut-le-cœur peuvent réapparaître. Privilégie de petites portions régulières et une bonne hydratation.

    Pourquoi les suites de couches et les tranchées sont-elles plus douloureuses lors des grossesses suivantes ?

    À chaque nouvelle grossesse, les muscles utérins ont été davantage sollicités et étirés. Pour reprendre sa taille initiale, l'utérus doit donc se contracter de manière plus vigoureuse : ces contractions post-accouchement (les tranchées) sont donc nettement plus intenses à partir du 2ème ou 3ème enfant. Comme l'allaitement stimule la sécrétion d'ocytocine, chaque tétée réactive naturellement ces douleurs pendant la première semaine.

    Comment gérer la fatigue extrême liée à l'allaitement exclusif quand on a d'autres enfants à charge ?

    L'allaitement demande un effort métabolique colossal qui, additionné à la gestion de la fratrie et au manque de sommeil, peut entraîner un épuisement chronique. Pour y faire face sans culpabiliser, réduis tes exigences sur les tâches ménagères, fais vérifier ton taux de fer (une carence peut accentuer la fatigue) et n'hésite pas à prendre des compléments alimentaires adaptés au post-partum. Accepter de lever le pied est essentiel pour préserver sa santé physique et mentale.

    Que faire quand bébé pleure sans s'arrêter et que la fatigue devient insupportable ?

    Lorsque toutes ses fonctions vitales ont été vérifiées (faim, couche, douleurs/coliques) et que les pleurs persistent, l'épuisement peut mener au surmenage. Si tu sens que tu perds patience ou que la colère monte, applique la règle de sécurité essentielle : pose ton bébé en sécurité sur le dos dans son berceau, sors de la pièce et prends quelques minutes pour respirer au calme. Reprendre tes esprits te permettra de revenir accompagner ton enfant avec sérénité.

    Combien de temps met le sommeil d'un bébé à se mettre naturellement en place ?

    Contrairement au mythe des nourrissons qui dorment 20 heures par jour, le rythme circadien d'un nouveau-né est très variable. Un nourrisson ne fait pas la différence entre le jour et la nuit et a un estomac de petite taille qui nécessite des réveils fréquents. Il est tout à fait normal qu'un enfant mette plusieurs mois (voire plus d'un an) à enchaîner des nuits complètes. La patience et l'entraide au sein du couple ou avec l'entourage restent les meilleures clés pour traverser cette phase.

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