4 choses à savoir sur l’allaitement : choisir ce qui est le mieux pour bébé et maman

  • Jusqu’aux six mois de l’enfant, le lait maternel est le meilleur aliment et le seul indispensable à l’alimentation de bébé
  • L’organisation mondiale de la santé recommande un allaitement exclusif jusqu’aux six mois de bébé. Par ailleurs, il continue de couvrir jusqu’à un tiers de ses besoins nutritionnels jusqu’à ses deux ans
  • Les problèmes d’insuffisance de production de lait maternel sont rares et ont souvent des causes médicales. Avec une bonne position d’allaitement et des tétées suffisantes, il est tout à fait possible de maintenir une production de lait suffisante. 
une maman tient son bébé dans ses bras

L’allaitement maternel. Dans le monde (pas toujours) joyeux de la grossesse, c’est certainement l’une des choses qui fait couler le plus d’encre.

Avant la naissance, combien de mamans se sont posées la même question: vais-je allaiter mon enfant, ou le nourrir au biberon? Et là encore, en fonction de la réponse, plusieurs déclinaisons sont possibles: allaitement mixte? Allaitement exclusif? Tire-allaitement? Biberons de lait maternisé? Et en fonction du choix de la maman, chacun y va de son petit commentaire: si l’on choisit de donner le sein, bébé risque de ne pas assez être nourri; si on lui donne le biberon, on nous rappelle les préconisations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) selon lesquelles le lait maternel est ce qu’il y a de mieux pour bébé. Mais attention: si on allaite trop longtemps, alors c’est nous qui avons un problème, on refuse de voir notre enfant grandir et s’éloigner de nous.

J’ai moi-même fait les frais de ces nombreuses critiques (tu n’as pas assez de lait, ton lait n’est pas assez nourrissant,  tu le maternes trop, tu t’y prends mal pour allaiter, et j’en passe…), à chacune de mes grossesses. Personnellement, j’ai plusieurs fois fait le choix d’un allaitement mixte, plus adapté à mon ancienne vie de maman salariée: en plus d’être digeste, le lait maternel permet de transmettre une partie de l’immunité de la maman au bébé, et je trouve que c’est une belle façon de tisser un lien avec son bébé. En même temps, l’allaitement mixte enlève une certaine pression et permet une meilleure flexibilité dans les boires de bébé.

Seulement les choses ne se sont pas passées comme prévu, les cinq fois. Tout d’abord, j’ai constaté que l’allaitement n’est pas automatique: la mise au sein peut être un échec, bébé peut avoir besoin d’un peu d’aide pour téter. Ce qui est dommage, c’est que pendant les cours de préparation à l’accouchement, il y ait si peu d’informations qui soient délivrées sur l’allaitement; selon moi cela éviterait beaucoup d’abandons et de culpabilité chez les mamans.

Au fil de mes expériences, j’ai donc compilé à travers mes cinq histoires d’allaitement les 4 choses essentielles à savoir sur l’allaitement.

Sommaire

    L’allaitement n'est pas automatique : les défis de la mise au sein

    Comme j’ai pu l’apprendre à la naissance de mon premier enfant, l’allaitement n’a rien d’automatique. En tant que future maman, j’étais remplie de bonnes intentions : du 100 % bio pour bébé, un accouchement sans péridurale et un allaitement exclusif, pour donner le meilleur à mon enfant. Mais la réalité de l’allaitement maternel est différente.

    Le liquide amniotique étant teinté, mon bébé m’a été retiré pour quelques heures juste après sa naissance. Quand il m’a été rendu, j’avais tellement hâte de lui donner le sein car je pensais que bébé téterait directement. Malheureusement, il n’a pas réussi à prendre le sein, et comme j’étais primipare, j’ai eu droit à la pression de l’auxiliaire de puériculture qui m’a menacée de donner un biberon de lait à mon fils si je ne réussissais pas à le mettre rapidement au sein.

    Finalement il a du faire des séances de photothérapie en raison d’une jaunisse persistante, et pour éviter qu’il ne soit déshydraté, il a eu du lait maternisé. En sortant de la maternité, j’ai continué ce système d’allaitement mixte, mais je voyais bien que mon fils préférait le biberon. Mon fils s’est sevré de lui-même à deux mois, et je n’ai pas insisté, croyant naïvement que je devais arrêter l’allaitement avant de reprendre le travail.

    Pour ma deuxième, comme pour mon aîné, j’ai aussi opté pour un allaitement mixte. Cependant, la mise au sein a été plus facile, et l’allaitement, qui a pu être mis en place dès les premières heures de vie de ma fille, a duré presque deux ans.

    En revanche, à la naissance de mon troisième, les choses se sont passées comme je les avais rêvées pour mon premier enfant. La mise en place de l’allaitement a certes été difficile en raison des crevasses, mais de fil en aiguille, nous avons réussi à passer d’un allaitement mixte à un allaitement exclusif.

    Forte de cette expérience, j’ai compris que l’allaitement n’est pas quelque chose d’automatique, et que cela demande un réel investissement physique, émotionnel et mental de la part de la maman.

    D’une part, il faut savoir que la mise au sein peut être difficile pour bébé, car tous n’ont pas un réflexe de succion hyper développé comme on voudrait nous le faire croire. Certains arrivent à prendre le sein dès la naissance, pour d’autres, la mise au sein nécessitera un peu plus de temps. C’est là qu’on apprécie de trouver des professionnels de santé qui soient patients avec les jeunes mamans, ce qui est de moins en moins le cas…

    D’autre part, de nombreux facteurs peuvent entrer en ligne de compte et perturber l’allaitement. Par exemple, une trop grande carence en fer peut diminuer la production de lait. De même, la prise de certains médicaments, qui, parce qu’ils passent dans le lait maternel, peuvent obliger à arrêter l’allaitement.

    Pour aider un peu, l’essentiel est de ne pas se mettre la pression. Bébé ressent le stress, et cela peut perturber la mise au sein. Détends-toi et fais-toi confiance ainsi qu’à tonbébé, et les choses se mettront en place naturellement. Mon troisième bébé a eu beaucoup de mal à prendre le sein. J’ai dû faire plusieurs essais avant de réussir à mettre mon fils au sein. Étant trop fatigué pour réussir à téter, il fallait juste attendre qu’il reprenne des forces pour réussir à prendre le sein.

    Pour stimuler la lactation, tu peux, par exemple, manger des aliments galactogènes, tels les fruits à coque si tu n’y es pas allergiques, les boissons maltées telles que  Tourtel twist ou encore  le chocolat. Cependant, le meilleur moyen de maintenir une bonne production de lait, outre le fait d’avoir une alimentation équilibrée, est de boire beaucoup d’eau.

    L'allaitement peut être douloureux

    Nos mères et nos grand-mères nous ont vendu du rêve avec une maternité sans nuages, un accouchement rapide et sns douleur, et un allaitement quasiment automatique. Balivernes. La maternité est loin d’être un long fleuve tranquille, et l’allaitement peut être un parcours semé de nombreuses embûches.

    Tout d’abord, l’allaitement est extrêmement fatiguant, notamment si l’on allaite exclusivement. Je n’ai jamais été autant fatiguée que lorsque j’ai allaité exclusivement mon petit troisième et mon petit dernier.  L’une des solutions pour pallier cette fatigue est de bien s’alimenter, sans hésiter à prendre des compléments alimentaires si besoin. Si la fatigue te paraît insurmontable, fais des analyses sanguines pour écarter toute carence en fer.

    S’il n’y avait que la fatigue, mais l’allaitement peut être une grande source de douleurs. Entre les crevasses et les engorgements, on est servies! Mais savais-tu que l’allaitement provoque des contractions? Après l’accouchement, l’utérus se contracte pour reprendre sa taille initiale: c’est ce qu’on appelle les tranchées post-partum. Au premier enfant, elles sont peu douloureuses, mais plus l’on a d’enfants, et plus elles se font sentir! Je n’ai moi-même vraiment souffert des tranchées qu’à mon troisième accouchement. Et ces tranchées sont aggravées par… l’allaitement!

    En plus des tranchées, le mamelon peut être fragilisé par des crevasses. En général, pour les éviter, les professionnels conseillent certaines positions pour mettre bébé au sein. Mais parfois, ça ne suffit pas. Dans mon cas, j’ai souffert de douleurs aux mamelons pour mes trois derniers allaitements, alors que la position d’allaitement était bonne. Pour me soulager, je donnais la tétée avec des bouts de sein les premiers jours, puis je frottais mes mamelons avec une crème homéopathique au calendula (la crème Lansinoh à la lanoline est, je trouve, trop chère et peu efficace comparé à celle-ci).

    Si tu souhaites allaiter, garde juste en tête que ça peut être douloureux, quoi qu’en disent les réseaux sociaux. Mais quand je vois la sérénité de mon bébé quand il tète, je me dis que ça vaut la peine de persévérer.

    L'allaitement ne s'apprend pas dans les livres

    Quand j’étais enceinte de mon premier enfant, je me suis documentée sur les sites internet et les blogs sur la grossesse, la maternité et l’allaitement. Et à écouter tout ce beau monde, il suffit de suivre leurs conseils pour que tout se passe au mieux. Ce que ces sites oublient, c’est qu’un bébé est un être humain. Or tout ce qui touche à l’humain n’est pas aussi prévisible qu’on le pense. Ainsi, on retrouve souvent l’information selon laquelle bébé mange toutes les deux heures. Allez dire ça à un nourrisson de quelques jours!

    Déjà, le lait maternel est très léger et se digère très vite. Et au début, il n’est pas très gras, pour s’adapter à l’estomac immature du nouveau-né. Ce qui fait que bébé a besoin de se nourrir très souvent; d’ailleurs, au moment de la montée de lait, il n’est pas rare que bébé reste « pendu » au sein toute la journée. On est bien loin des deux heures! Les tétées finissent par s’espacer lorsque bébé grandit.

    En fait, en matière d’allaitement, c’est bébé qui décide et qui tète en fonction de ses besoins, qui ne sont pas forcément alimentaires. Alors c’est vrai que ça peut être très frustrant puisque pendant qu’on allaite on ne fait pas autre chose, mais il faut savoir se montrer patiente, notamment dans les premiers mois de la vie de son enfant, car c’est là qu’il a le plus besoin de nous.

    Il en est de même pour les positions d’allaitement. Je me souviens, lors des cours de préparation à la naissance que j’ai suivi à ma première grossesse, la sage-femme nous avait montré un poster avec différentes positions pour allaiter: rugby, madone, et j’en passe… Et certaines paraissaient vraiment périlleuses! Au final quand je mets mon fils au sein, j’avoue que je ne sors pas mon équerre pour vérifier que mon bébé est bien positionné. Les deux seuls conseils pertinents m’ont été donnés après l’accouchement de mon troisième enfant:

    • Ventre contre ventre,
    • Vérifier que le nez de bébé est dégagé.

    Laisse faire ton bébé et fais-toi confiance: si tu as mal, tu le sentiras et tu rectifieras la position. Le reste n’est que théorie, et tout ce que tu gagneras, c’est de te mettre une pression dont tu n’as pas besoin en post-partum.

    L'allaitement est un voyage

    L’allaitement n’est jamais quelque chose de figé ou d’immuable. C’est un voyage durant lequel tu apprends à t’attacher à ton bébé et à le connaître. Au fur et à mesure, vous tissez tous les deuxun lien qui fait de vous une famille.  

    Ne laisse personne te dicter ce que tu dois faire.  Les premiers mois d’un bébé sont tellement précieux qu’il serait dommage d’en garder une part de regret . Écoute-toi, écoute ton bébé, c’est le plus important.

    Si tu es enceinte ou jeune maman, mon livre Primipare, la maternité expliquée à ma meilleure amie sera ton meilleur allié dans ton aventure maternelle. Plus que des conseils, tu y trouveras un vrai réconfort et des clefs qui te permettront d’assumer pleinement tes choix. 

    FAQ : Tes questions sur l'allaitement maternel et la réalité du post-partum

    Pourquoi l'allaitement ne se met-il pas toujours en place automatiquement à la maternité ?

    Contrairement aux idées reçues, la mise au sein s'apprend à deux ! Un bébé peut être fatigué après la naissance (notamment en cas de jaunisse ou de travail long), ou avoir un réflexe de succion moins marqué au départ. De plus, le stress de la maman ou la pression du personnel soignant peuvent bloquer le réflexe d'éjection. La patience, le peau-à-peau et la confiance en soi sont les meilleures clés pour débuter sereinement.

    Est-il vrai que les douleurs d'allaitement (tranchées) s'intensifient à chaque grossesse ?

    Oui, c'est une réalité physiologique. Les tranchées post-partum sont les contractions de l'utérus qui lui permettent de reprendre sa taille initiale. À chaque nouvelle grossesse, les fibres utérines ont été davantage sollicitées : l'utérus doit donc se contracter plus fort pour se rétracter. Comme la succion du bébé stimule la libération d'ocytocine (l'hormone des contractions), l'allaitement ravive ces douleurs, particulièrement à partir du deuxième ou troisième enfant.

    Comment traiter les crevasses d'allaitement efficacement sans se ruiner ?

    Si la lanoline est très populaire, elle est parfois coûteuse et peu efficace selon les mamans. Une crème homéopathique au calendula ou tout simplement quelques gouttes de ton propre lait maternel appliquées sur le mamelon en fin de tétée (le "pansement de lait maternel") offrent une excellente cicatrisation naturelle et apaisante. N'hésite pas non plus à utiliser temporairement des bouts de sein en silicone le temps que la peau cicatrise.

    Quels sont les meilleurs moyens naturels pour stimuler la lactation ?

    Le premier moteur de la production de lait est la stimulation : plus bébé tète, plus tu produis. Pour accompagner ce processus, veilles à boire beaucoup d'eau, à te reposer et à intégrer des aliments ou boissons galactogènes comme les boissons maltées, les fruits à coque (amandes, noix) ou le chocolat noir. Et surtout, traite les éventuelles carences en fer qui peuvent impacter la lactation.

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