Ton enfant est né, super! Par contre, quelque chose a changé à l’intérieur de toi : tu ne te sens pas aussi épanouie que tu devrais l’être dans ton rôle de mère. Tu aimes ton enfant, mais tu n’aimes pas tout ce qui touche à la maternité. Et surtout, tu regardes ta vie d’avant, celle où tu pouvais faire la grasse matinée, voyager sur un coup de tête ou buller tranquillement devant ta série préférée, et un fort sentiment de nostalgie t’envahit, accompagné parfois d’une perte de liberté difficile à vivre .
Tu te poses donc la question : pourquoi j’ai fait ça? Suis-je vraiment faite pour être mère?
Ce sentiment a un nom : c’est le regret maternel.
Le regret maternel désigne le fait d’aimer son enfant profondément, tout en détestant tout ce qu’implique le fait d’avoir un enfant et d’endosser le rôle de mère au quotidien : le fait qu’un être dépende totalement de soi, l’organisation qui ne souffre que peu d’improvisation, la charge mentale maternelle délirante que ça implique, et qui est rarement partagée par le partenaire.
Aujourd’hui, de plus en plus de femmes osent prendre la parole et s’exprimer sans tabou : Oui, nous aimons nos enfants. Mais si c’était à refaire, nous n’aurions pas eu d’enfant. Un discours encore très mal accepté, tant le tabou du regret maternel reste fort.
Mais pourquoi, alors que tu aimes ton enfant, tu détestes tant être sa mère? Pourquoi, alors que la société nous conditionne à devenir mère – car les femmes seraient faites pour ça, nous sommes de plus en plus nombreuses à rejeter ce rôle pour lequel nous serions naturellement taillées?
Le regret maternel peux s’expliquer de trois manières :
- la société a tendance à romantiser le rôle de mère et le sacrifice que cela implique, tout en demandant aux mamans d’être performantes dans leur activité professionnelle. Cette même société ne se gène pas pour donner son avis sur tous les choix parentaux : allaitement, biberon, portage, laisser pleurer ou non…
- la relation que nous avons eu avec notre propre mère influe sur le sentiment de regret maternel que certaines femmes peuvent ressentir. Lorsque celle-ci était dysfonctionnelle, ces dysfonctionnements peuvent influer sur la vision que nous avons du rôle de mère. Et pour éviter de répéter les schémas traumatiques de notre enfance, nous avons tendance à nous mettre une pression psychologique intense, qui fait craquer nombre d’entre nous.
- les jeunes mamans ressentent souvent une perte de liberté à l’arrivée d’un enfant dans leur vie. Leur emploi du temps est en effet rythmé par celui de leur bébé, ce qui peut être une véritable source de frustration profonde pour certaines femmes.
Or ton enfant, tu ne peux pas le rendre. Il est avec toi à vie.
Alors, comment surmonter ce sentiment de regret maternel, qui peut être destructeur et conduire à la dépression maternelle ou au burn-out parental, et t’épanouir malgré tout dans ton rôle de mère ?
Sommaire
Accepter le regret maternel et ce que tu ressens
Selon Véronique Borgel Larchevêque, psychologue, tu dois accepter de ressentir du regret. Car l’acceptation du regret maternel est le premier pas vers la guérison. Il est normal de ressentir du regret après la naissance d’un enfant. En effet, un enfant demande beaucoup de soins, et ton monde tourne désormais autour de lui, ce qui peut générer une fatigue émotionnelle intense.
Il te faut donc un temps d’adaptation à cette nouvelle vie de maman. Et rappelle-toi : un enfant, ça grandit. Au fur et à mesure qu’il gagne en autonomie, tu auras un peu plus de liberté. Progressivement. Ce mal-être maternel que tu vis maintenant n’est pas définitif.
En parallèle, prends du recul pour alléger ta charge mentale. Et si le ménage était remis à plus tard, au profit d’une balade ou d’une sortie avec ton enfant? Le monde ne va pas s’écrouler si ta maison n’est pas parfaite. Prioriser ton bien-être émotionnel est essentiel pour prévenir l’épuisement maternel.
Réinventer sa vie après la maternité malgré le regret maternel
Dans un premier temps, fais le deuil de ta vie passée, celle où tu étais sans enfant. Car désormais, tu es maman. Cette page est tournée.
Crée toi de nouveaux souvenirs avec tes enfants. Apprends à apprécier le temps que tu passes avec eux, en dehors des considérations logistiques que la maternité implique. Observe-les. Regarde un peu cette force et cette fragilité qui se dégagent de ton bébé. Comment ton enfant se développe et s’émerveille devant les petites choses de la vie. Comment il se crée un monde avec sa seule imagination…
Ces petits détails te permettront de percevoir le sens de ton rôle de mère, de voir l’influence positive et les belles choses que tu déposes en eux, malgré les difficultés liées à la maternité, et qui leur permettent de grandir sereinement. Cela pourra t’aider à retrouver une forme d’épanouissement.
Se détacher de son éducation pour vivre la maternité sans regret
Désormais, tu es maman, donc c’est ta vision des choses qui s’applique. Pour dépasser le regret maternel, il est important de te détacher de ton éducation et des schémas parentaux que tu as connus. Comment vois-tu la maternité, toi? Quelles sont les valeurs éducatives que tu veux transmettre à ton enfant? Concentre-toi sur cela.
En construisant ta propre manière d’être mère, la maternité devient moins aliénante. Tu retrouves une part de contrôle sur ton rôle de parent, ce qui peut réduire le sentiment de mal-être maternel et t’aider à te réapproprier ta place de mère, en accord avec qui tu es vraiment.
Retrouver sa place de femme pour dépasser le regret maternel
Tu es maman certes, mais tu es avant tout une femme. Et même si ta vie d’avant est désormais derrière toi, cela ne veut pas dire que tu ne peux pas continuer à avoir des rêves et des projets. Être mère ne doit pas effacer qui tu es profondément ni être une entrave à ton épanouissement personnel.
Oui, cela sera plus difficile car désormais tu n’es plus seule. Mais tes enfants, loin d`être des freins, sont en fait des propulseurs. De réelles sources de motivation à ton accomplissement et ta reconstruction.
Tu deviendras ainsi, à leurs yeux, un modèle de force, de résilience et de détermination. Des valeurs essentielles à leur construction.
Et si ta vie de maman, au lieu d’être la fin de ta vie, était en fait le début d’une nouvelle vie pleine de joie, de don de soi, de transmission… et d’accomplissement?
Le regret maternel, ce n’est pas une fatalité. Ce n’est pas un échec, ni une preuve que tu es une mauvaise mère. C’est un signal. Un signal que quelque chose doit changer. Que tu dois te réapproprier ta vie, ta maternité, à ta façon.
Dis-moi en commentaire : est-ce que ce sujet te parle ? As-tu vécu le regret maternel, ou connais-tu quelqu’un qui traverses cette épreuve souvent taboue? Si tu veux aller plus loin sur le sujet, tu peux regarder la vidéo que j’ai tournée à ce sujet.
Prends soin de toi. Tu fais de ton mieux. Et ça, c’est déjà énorme.
