Pourquoi je n’ai pas fait de projet de naissance : mon expérience d’accouchement sans attentes figées

projet de naissance

Je n’ai jamais rédigé de projet de naissance, ce document souvent recommandé aux futures mamans pour préparer leur accouchement. Et pourtant, de mes cinq accouchements, aucun ne se ressemble. J’ai accouché avec péridurale, sans péridurale, à la maison, à l’hôpital, parfois dans l’urgence, parfois dans le calme…j’ai accueilli chacun de mes enfants comme il se présentait, en laissant la naissance suivre son cours naturel.

Pour mon premier accouchement, la péridurale, posée trop tard, n’a pas fonctionné. Mon troisième, lui, est né à domicile, car je n’ai pas eu le temps de me rendre à la maternité. Et j’ai bien vécu chaque accouchement, sans amertume ni regret. Pourquoi? Parce que je n’ai pas fait de projet de naissance. Je ne me suis donc pas accrochée à une seule idée que je me faisais de mes accouchements, et j’ai pu m’adapter à chaque situation sans regarder en arrière, ce qui a profondément influencé mon vécu de l’accouchement.

J’ai toujours vécu mes grossesses avec l’idée selon laquelle l’accouchement est un terrain inconnu même lorsqu’il est préparé avec soin. Tout peut arriver, que l’on accouche avec ou sans projet de naissance. À partir de là, il y a au moins trois raisons qui m’ont convaincue de ne pas établir de projet de naissance et de privilégier le lâcher-prise, l’écoute de mon corps et la confiance dans le processus de naissance.

Sommaire

    Des complications peuvent remettre en cause un projet de naissance

    L’accouchement, qu’il soit physiologique ou médicalisé, est loin d’être un fleuve tranquille. De nombreuses complications obstétricales peuvent survenir, mettant en cause le projet de naissance. Tu voulais accoucher de manière physiologique, sans péridurale, mais ton bébé est en souffrance fœtale ? Tu devras subir une césarienne d’urgence pour sauver sa vie, et peut-être même la tienne.

    En raison de toutes ces complications possibles le jour de l’accouchement, il vaut mieux rester la plus flexible possible, au risque de ne pas être en capacité de prendre la bonne décision au bon moment. Combien de femmes ont insisté pour accoucher par voie basse alors qu’une césarienne était la plus adaptée à la situation, au risque de mettre leur bébé en danger, parce qu’elles souhaitaient appliquer coûte que coûte leur projet de naissance?

    Le projet de naissance, en plus d’entraîner une certaine déception s’il n’est pas appliqué à la lettre (ce qui arrive très souvent lors d’un accouchement), peut entraver une prise de décision éclairée et conduire à une certaine défiance envers le corps médical. Or, les professionnels de santé sont formés pour que l’accouchement — qui est, rappelons-le, un acte médical potentiellement dangereux — se déroule dans les meilleures conditions possibles pour la mère et l’enfant.

    Éviter la déception si le projet de naissance ne peut pas être respecté

    En dehors des complications médicales liées à l’accouchement, il existe de nombreuses raisons pour lesquelles un projet de naissance peut ne pas être suivi le jour J. Par exemple, tu peux souhaiter accoucher sans péridurale, dans une démarche d’accouchement naturel, mais ton travail peut être long et douloureux, surtout s’il s’agit de ton premier enfant, auquel cas tu pourrais légitimement changer d’avis et demander la péridurale en cours de travail.

    Au contraire, tu ne t’imagines pas accoucher sans péridurale, mais le travail peut être rapide au point que tu n’aies même pas le temps d’en bénéficier. Ces situations sont fréquentes lors d’un accouchement et illustrent à quel point il est difficile de tout prévoir à l’avance, même avec un projet de naissance bien préparé.

    Et si ces changements de plan arrivent, cela pourrait entraîner une frustration source de déception, voire de dépression si l’on n’arrive pas à surmonter ce sentiment. Personnellement, vu mon caractère et mon histoire, j’ai préféré ne pas faire de projet de naissance car je savais que la déception pourrait entraver mon post partum de manière trop significative.

    Se concentrer pleinement sur le travail et le vécu de l’accouchement, quelles que soient les conditions

    Enfin, j’ai préféré ne pas faire de projet de naissance pour pouvoir être pleinement concentrée sur le travail de l’accouchement et sur l’instant présent. Car mine de rien, établir un projet de naissance ajoute selon moi une certaine charge mentale autour de l’accouchement. Au lieu d’accompagner les contractions et te concentrer sur l’arrivée de ton bébé, tu te retrouves à scruter le moindre détail afin de savoir si tes désirs ont été respectés par l’équipe médicale. Ce qui peut ajouter une certaine dose de stress à un évènement qui par définition l’est déjà.

    J‘ai préféré me renseigner le plus possible sur les réalités de l’accouchement, même si celles-ci peuvent être anxiogènes, plutôt que d’idéaliser un moment qui a de fortes de chances de ne pas se passer comme je l’aurais espéré. Au final, mes cinq accouchements, qu’ils aient eu lieu à la maison ou à l’hôpital, avec ou sans péridurale, se sont très bien déroulés, et les imprévus qui ont pu survenir ne m’ont pas empêchée de garder un bon souvenir de la naissance de mes enfants.

    Conseil : c’est très bien de rédiger un projet de naissance pour tenter de s’approprier son accouchement le plus possible, exprimer ses souhaits et rester maîtresse de cet évènement autant que tu peux. Seulement n’y accorde pas trop d’importance afin de laisser une part à l’imprévu, et que tu ne sois pas trop déçue si tout ne se passe pas comme prévu. Les premières semaines sont cruciales pour la santé mentale d’une jeune maman, et la frustration de ne pas avoir vécu l’accouchement de ses rêves peut entacher tes premiers instants avec ton bébé, et être source plus tard de dépression post partum.

    Je te souhaite un bel accouchement et une belle rencontre avec ton bébé.

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