Comment j’ai vécu mon deuxième accouchement par voie basse avec péridurale

  • L’accouchement par voie basse, qui est l’accouchement le plus courant, est l’accouchement lors duquel le bébé passe par les voies vaginales pour naître. 
  • La péridurale, ou épidurale, correspond à l’anesthésie administrée par une injection de produit dans une zone proche des lombaires afin d’atténuer les douleurs liées aux contractions de travail. 
deux chaussons de bébé pour fille

Lorsque la grossesse se déroule normalement, l’accouchement par voie basse avec péridurale est le scénario idéal pour de nombreuses futures mamans. C’est de cette manière idéale que j’ai mis ma fille au monde en novembre 2018.

La veille de mon accouchement, rien ne permettait de prévoir que le lendemain, je donnerais naissance à ma fille. C’était une belle journée, ensoleillée, où je me sentais particulièrement en forme, alors que tout au long du troisième trimestre, j’avais enchaîné les malaises.

Le matin, je me suis rendue à la maternité pour mon rendez-vous de la 39ème semaine d’aménorrhée, accompagnée de ma mère et mon fils. Après un monitoring de contrôle, une échographie pour vérifier la quantité de liquide amniotique et un examen du col, la sage-femme m’annonce que je suis dilatée à un doigt, presque deux. Pour elle le travail commençait à se mettre en route, et je pourrais accoucher deux jours plus tard.

Après mon rendez-vous, le temps étant vraiment agréable, nous avons fait le trajet du retour de Bondy à Bobigny à pied. Vu la proximité éventuelle de mon accouchement, nous avons convenu avec ma mère que mon fils resterait chez elle, afin que je n’aie pas à me soucier de le faire garder s’il fallait que je me rende à la maternité. Je suis donc rentrée chez moi retrouver mon (désormais ex) mari, sereine de savoir mon fils en sécurité, mais triste d’avoir à me séparer de lui. Nous avons passé une après-midi merveilleuse, à danser sur des sons qui nous rendaient nostalgiques, à rire et prendre du bon temps.

Sommaire

    20 heures : premières contractions et début du travail

    Au moment du dîner, j’ai commencé à ressentir des contractions douloureuses, espacées de 5 minutes chacune. N’étant pas sure que ce soit le vrai travail qui commence, je préfère attendre de voir si la douleur augmente avant de me rendre aux urgences.

    22 heures : perte du bouchon muqueux ou fissure de la poche des eaux?

    Je vais aux toilettes. J’ai perdu un léger filet de sang, mais vu la faible quantité, je décide d’attendre avant d’aller à l’hôpital.

    1 heure du matin : direction la maternité

    J’ai de plus en plus mal. Mon mari me propose d’aller faire un contrôle à la maternité. J’accepte, sans conviction. Du coup, en guise de bagage, je pars avec seulement une tenue de naissance pour ma fille, au cas où, et une serviette de bain, au cas où je perdrais les eaux dans la voiture.

    Arrivée aux urgences obstétriques, et après un monitoring, le maïeuticien (terme utilisé pour désigner un sage-femme homme) examine mon col. Je suis en faux travail mais ayant fissuré la poche des eaux, il décide de me garder, le temps que le travail se mette en route. Je suis installée en salle de naissance, où je parviens enfin à m’endormir.

    8 heures : douleurs intenses et pose de la péridurale

    Je suis réveillée par d’intenses douleurs. Je vais dans le couloir à la recherche d’une sage-femme, et là je croise celle qui m’avait accouché un an plus tôt. Elle examine une nouvelle fois mon col, qui était ouvert à 5. Elle me propose la péridurale. J’avais initialement prévu d’accoucher sans péridurale, mais étant émotionnellement et physiquement trop fatiguée pour gérer la douleur, j’accepte.

    Après que l’anesthésiste a posé la péridurale, les douleurs n’ont pas disparu mais les contractions sont devenues plus gérables. Cependant, comme cela arrive souvent, le produit a surtout fait effet du côté gauche et a ralenti le travail.

    Lorsque la sage-femme revient pour m’examiner, elle me dit que la poche des eaux n’est toujours pas rompue; elle reviendra une heure plus tard afin de vérifier, auquel cas elle la percera elle-même. Je parle intérieurement à mon bébé, et lui demande de venir. Au prochain examen, la poche des eaux avait cédé, ce que je n’ai pas senti à cause de l’anesthésie.

    13h30 : la fin du travail et la naissance de ma fille

    La péridurale a cessé de faire effet et les contractions sont devenues plus intenses. Une demi-heure plus tard, la sage-femme réexamine mon col: je suis à dilatation complète. Cependant, le bébé est encore haut, et son cœur commence à faire les montagnes russes.

    On m’installe pour la poussée, totalement à bout de forces. Je crie à Dieu (oui, je suis croyante), et je reprends confiance en moi. Finalement, après une poussée, ma fille arrive tranquillement, sans forcer.

    Bilan : mon ressenti sur l’accouchement par voie basse avec péridurale

    Avec le recul, je n’ai pas aimé accoucher sous péridurale. Déjà, j’aurais peut-être accouché plus tôt si j’avais été en état de gérer la douleur. Ensuite, je n’ai pas aimé le fait d’être totalement immobilisée, ni la sensation de lourdeur dans les membres. Enfin, je trouve que la récupération a été plus longue que pour mon premier accouchement, pourtant issu d’un déclenchement.

    Cependant, je ne regrette pas ma décision à ce moment-là, car je savais que je n’aurais pas la force de gérer la douleur, la grossesse ayant été particulièrement éprouvante à tous points de vue.

    FAQ : Tes questions sur l'accouchement par voie basse et la péridurale

    Pourquoi la péridurale agit-elle parfois plus d'un côté que de l'autre ?

    C'est un phénomène très fréquent appelé "péridurale asymétrique" ou "effet de flanc". La diffusion du produit dans l'espace péridural dépend de l'anatomie et de la position du corps. Si tu ressens les contractions d'un seul côté (par exemple uniquement à gauche), signale-le immédiatement à l'équipe soignante : l'anesthésiste ou la sage-femme peut réajuster la dose ou te proposer de changer de position pour faciliter la diffusion uniforme du produit.

    Est-il vrai que la péridurale peut ralentir le travail d'accouchement ?

    Oui, la pose de la péridurale peut parfois relâcher la dynamique utérine ou réduire l'effet naturel des hormones du travail, ce qui tend à espacer ou adoucir les contractions et à allonger la phase de dilatation. Dans ce cas, les sages-femmes surveillent la progression du col et peuvent proposer la rupture artificielle de la poche des eaux ou une injection d'oxytocine si nécessaire.

    La récupération après un accouchement sous péridurale est-elle plus longue ?

    Le ressenti de la récupération varie grandement d'une femme à l'autre et d'une naissance à l'autre. La sensation de lourdeur dans les jambes, l'immobilisation sur le lit durant le travail ainsi que la fatigue accumulée pendant une grossesse éprouvante peuvent donner l'impression d'une remise sur pied plus lente, comparativement à un accouchement physiologique où l'action de l'ocytocine et de l'endorphine favorise une récupération dynamique.

    Fissure de la poche des eaux ou perte du bouchon muqueux : comment faire la différence ?

     

    Le bouchon muqueux se présente sous la forme de pertes glaireuses (parfois teintées d'un peu de sang), tandis que la fissure de la poche des eaux provoque un écoulement continu, fluide et indolore de liquide amniotique (souvent un léger filet ininterrompu). Si tu observes un saignement ou si tu suspectes une fissure de la poche, il est important de te rendre à la maternité pour un contrôle, car cela nécessite une prise en charge afin d'éviter tout risque d'infection pour bébé.

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