En France, les taux de durée d’allaitement maternel sont parmi les plus faibles en Europe. En 2021, une femme sur deux allaite encore aux deux mois de l’enfant, et ce chiffre tombe à une sur trois aux six mois de l’enfant, pour une durée moyenne de 15 à 20 semaines.
Et pour cause. La reprise du travail deux mois après l’accouchement ne plaide clairement pas en faveur d’un allaitement long. En outre, la méconnaissance par le corps médical des réalités liées à la lactation, associée à la surcharge du système de santé qui empêche une réelle formation des mamans sur sa mise en place, font échouer un grand nombre d’allaitements.
Pourtant, avec les bonnes informations, beaucoup de patience et de bienveillance, il est tout à fait possible d’allaiter son bébé pendant plusieurs années sans problème.
Dans cet article, nous allons passer en revue les 10 difficultés principales liées à l’allaitement, et voir comment les surmonter pour continuer de donner le sein avec sérénité.
1. La montée de lait tardive ou retardée
Entre le deuxième et le cinquième jour après l’accouchement, le colostrum laisse sa place au lait maternel. Cette transition s’opère par la fameuse montée de lait, qui s’accompagne généralement des signes suivants :
- Une sensation de chaleur et de lourdeur désagréable au niveau des seins
- Des seins tendus et légèrement douloureux
- Une légère fièvre
Cependant, il peut arriver que la montée de lait soit retardée. En effet, un accouchement difficile, une perte de sang abondante ou encore le stress peuvent être la cause d’une montée de lait tardive.
Comment stimuler la lactation et déclencher la montée de lait?
Si tu te trouves dans cette situation, voici ce que tu peux faire pour stimuler la lactation efficacement:
Pratiquer le peau à peau : Installe ton bébé contre toi, la chaleur et le contact favorisent la libération des hormones de l’allaitement.
Mettre bébé au sein le plus souvent possible : La succion reste le meilleur moyen d’envoyer le signal à ton corps.
Exprimer ton lait manuellement : Cela te permettra de vérifier si la texture et la couleur du lait ont changé, car il arrive parfois que la montée de lait passe inaperçue.
S’hydrater correctement : Boire de l’eau régulièrement est indispensable pour soutenir ton corps.
Se reposer : Essaie de te détendre et éloigne-toi de toute forme de stress pour faciliter le réflexe d’éjection.
2. La prise du sein difficile
Une bonne prise de sein est l’une des clefs pour un allaitement réussi. En effet, si bébé prend mal le sein, tu risques de ressentir une douleur aux mamelons et de faire face à une réduction progressive du volume de lait produit. Par ailleurs, ton bébé pourrait avoir encore faim et s’énerver s’il tète mal.
Pour être sûre que ton bébé prend bien le sein, vérifie que toute l’aréole est dans sa bouche, et pas seulement le bout du mamelon. Son nez doit être dégagé pour qu’il puisse respirer pendant qu’il tète, et son menton doit être en contact direct avec ta peau. Si ces trois critères sont réunis et que tu n’as pas mal, c’est que la position d’allaitement et la prise au sein sont bonnes.
Que faire si bébé n’arrive pas à prendre le sein correctement?
Si la mise au sein est laborieuse, voici les étapes à suivre pour corriger le tir :
Installer le bébé ventre contre ventre : C’est la base d’une bonne posture.
Présenter le sein : Place délicatement ton sein dans la bouche de bébé lorsqu’il l’ouvre.
Stimuler l’ouverture de la bouche : Aide-le à ouvrir grand la bouche en appuyant très légèrement sur son menton.
Si bébé tète bien, tu devrais l’entendre déglutir, signe qu’il est en train de boire. Si malgré tous tes efforts bébé ne prend toujours pas bien le sein, fais-le examiner afin de vérifier que rien n’empêche une bonne prise au sein, notamment un frein de langue court (ankyloglossie).
3. L’engorgement des seins
L’engorgement mammaire est une difficulté très courante de l’allaitement. Il se caractérise par une trop grande accumulation de lait dans les glandes mammaires, provoquant ainsi un gonflement et durcissement douloureux de la poitrine.
L’engorgement des seins peut notamment être causé par :
- Des tétées trop espacées
- Des tétées trop courtes ou inefficaces
- Une hyperlactation (production excessive de lait)
- Un sevrage trop rapide
Comment savoir si j’ai un engorgement? Les symptômes
L’engorgement rend l’allaitement plus difficile en raison du durcissement des seins, qui rend la prise en bouche par le bébé plus compliquée. Voici les principaux symptômes à surveiller :
- Un gonflement, une tension et une douleur aux seins
- Une peau tendue, brillante et parfois des rougeurs sur la poitrine
- Une chaleur inhabituelle au niveau des seins
- Une fièvre légère
- Un ralentissement, voire un arrêt complet de l’écoulement du lait
Comment éviter l’engorgement?
Pour prévenir ce désagrément, rien de plus simple : mets bébé au sein à la demande, évite de sauter des tétées, et assure-toi que bébé prend bien le sein. En favorisant un drainage régulier du sein, tu éviteras une trop grande accumulation de lait et que tes seins deviennent durs comme de la pierre.
Que faire en cas d’engorgement des seins?
Si tu souffres d’un engorgement, voici les solutions pour te soulager rapidement :
- Prends une douche chaude, pendant laquelle tu exprimes le lait à la main pour vider tes seins. Tu devrais ressentir un soulagement très rapide
- Tu peux aussi appliquer un cataplasme de feuilles de chou ou d’argile verte pour soulager l’engorgement.
Attention : si malgré tout l’engorgement persiste au-delà de 24 à 48 heures, tu devrais consulter un professionnel de santé sans tarder pour écarter tout risque de mastite.
4. Les crevasses et douleurs aux mamelons
Les crevasses d’allaitement, sortes de gerçures douloureuses qui apparaissent sur le mamelon, sont très fréquentes chez les mamans qui allaitent. Souvent le signe d’une mauvaise position de bébé au sein, elles peuvent aussi survenir chez les femmes qui ont une peau fragile.
Moi qui ai allaité mes cinq enfants, j’ai toujours eu des crevasses les premiers jours de vie de mes bébés, car ma peau s’irritait instantanément au contact de leur bouche. Et comme ils sont tous nés avec une petite bouche qui ne favorisait pas une bonne prise au sein, j’avais systématiquement des blessures qui me faisaient pleurer de douleur à chaque tétée. Heureusement, au fil des jours, la peau s’habitue, tout rentre dans l’ordre et l’allaitement se poursuit sans encombre.
Comment éviter les crevasses lors de l’allaitement?
Pour prévenir l’apparition de ces lésions douloureuses, plusieurs réflexes sont essentiels :
Vérifier la prise en bouche : Il faut s’assurer que bébé prend correctement le sein. Il ne doit pas seulement avoir le téton en bouche, mais une grande partie de l’aréole. Sinon, c’est la crevasse assurée.
Optimiser ta posture : Installe-toi confortablement et détends-toi pour faciliter le réflexe d’éjection et le positionnement de ton enfant.
Protéger de manière préventive : Dès les premiers jours, tu peux appliquer une crème à base de lanoline pure après chaque tétée. Personnellement, cela n’a pas été efficace sur moi, mais chaque femme étant différente, la lanoline t’aidera peut-être à préserver ta peau.
Limiter les frottements : Évite les matières synthétiques et les frottements des vêtements sur ta poitrine, qui aggravent les irritations.
Que faire en cas de crevasse au mamelon?
Si malgré toutes ces précautions tu as quand même des crevasses, voici quelques astuces efficaces pour obtenir une cicatrisation en milieu humide.
Le lait maternel : Applique quelques gouttes de ton propre lait sur tes mamelons après la tétée. Le lait maternel a des propriétés antibactériennes et cicatrisantes extraordinaires.
Le cataplasme de lait maternel ou la lanoline : Tu peux appliquer de la lanoline en couche épaisse pour isoler la lésion et calmer la douleur quand bébé tète le sein endolori.
Mon astuce miracle : Ce qui a le mieux fonctionné pour moi, c’est la pommade homéopathique au calendula LHF de Boiron. Dès les premières applications, j’ai ressenti une nette amélioration et la crevasse s’est résorbée en quelques jours.
Conseil important : même en cas de crevasse, n’arrête pas d’allaiter pour éviter la baisse de ta lactation. Dans ce cas, procure-toi des bouts de sein en silicone (téterelles d’allaitement), que tu peux utiliser temporairement, qui te permettront de continuer à donner le sein tout en protégeant la lésion.
Attention : Si la crevasse est très douloureuse, qu’elle saigne abondamment, qu’elle est purulente ou qu’un liquide autre que du lait s’écoule de ton mamelon, consulte un professionnel de santé pour traiter l’infection.
5. La mastite et les canaux lactifères bouchés
La mastite est une inflammation du sein, souvent liée à une infection bactérienne. Fréquente chez les femmes allaitantes, elle se manifeste par les symptômes suivants:
- Une rougeur au sein accompagnée d’une sensation de chaleur locale forte
- Une douleur intense, lancinante ou pulsatile
- Un syndrome pseudo-grippal et une fièvre supérieure à 38,5°C
Quelles sont les causes d'un canal bouché ou d'une mastite ?
La mastite peut être causée ou favorisée par plusieurs facteurs du quotidien :
- Une obstruction des canaux lactifères (le lait ne circule plus librement)
- Un engorgement des seins non traité
- Des crevasses ou lésions du mamelon, porte d’entrée des bactéries
- Le port d’un soutien-gorge trop serré ou à armatures qui comprime la poitrine
- Un stress important et une fatigue excessive, qui affaiblissent le système immunitaire
Que faire en cas de suspicion de mastite?
Si tu soupçonnes une mastite infectieuse(les symptômes inflammatoires et la fièvre ne diminuent pas au bout de 24 heures), consulte un professionnel de santé afin qu’un traitement te soit prescrit, le cas échéant.
6. Les pics de croissance
Qu’est-ce qu’un pic de croissance?
Les pics de croissance font partie des étapes les plus déroutantes pour une mère qui allaite. Ils correspondent à des moments intenses où le nourrisson grandit et développe de nouvelles compétences neurologiques ou motrices.
Durant cette phase, ton bébé pleure, se montre beaucoup plus irritable et réclame le sein de manière frénétique. Tu auras l’impression qu’il est littéralement « pendu au sein » toute la journée.
À quel âge surviennent les pics de croissance?
Pour anticiper ces périodes de forte demande en lait, trois chiffres à retenir : 3, 6 et 9. Les pics de croissance surviennent généralement à:
- 3, 6, 9 jours de vie
- 3, 6, 9 semaines
- 3, 6, 9 mois.
D’autres pics de croissance peuvent survenir après 12 mois, notamment lors des grands phase d’apprentissage de ton enfant, comme l’acquisition de la marche ou du langage.
Comment gérer un pic de croissance quand on allaite?
Lors d’un pic de croissance, ton bébé réclamera beaucoup plus le sein. Dans ce cas, la solution est d’allaiter à la demande. Ton corps saura s’adapter et augmenter la production de lait le temps du pic de croissance.
Pour aider bébé à passer ce cap, tu peux :
Donner la tétée aussi souvent que nécessaire : C’est la succion répétée de ton bébé qui va envoyer le signal à ton cerveau d’augmenter le volume de lait. Ton corps saura parfaitement s’adapter et recalibrer la production de lait en 24 à 48 heures.
Pratiquer le portage en écharpe : Pour apaiser un bébé grognon pendant cette phase de transition, installe-le dans une écharpe de portage ou un porte-bébé physiologique. Ta proximité immédiate, ton odeur et les battements de ton cœur vont l’aider à se calmer.
Prendre soin de soi : Ces journées sont épuisantes. Installe-toi confortablement, prévois de quoi grignoter, hydrate-toi et délègue tout le reste au co-parent.
7. L'épuisement et le manque de sommeil
En termes de performance physique et de dépense énergétique, l’allaitement revient à courir un marathon au quotidien. En effet, le corps a besoin d’environ 500 à 700 calories par jour uniquement pour produire du lait maternel en quantité suffisante. Ajouté à cela la récupération physique de l’accouchement et les nuits écourtées par les réveils de bébé, c’est normal d’être fatiguée quand on allaite.
Comment récupérer de l'énergie quand on allaite ?
Pour pallier ce problème, je ne te ferai pas l’affront de te donner le fameux conseil culpabilisant de « dormir quand bébé dort ». Cependant, le repos reste un allié de taille pour pouvoir tenir ton allaitement sur la durée.
Voici mes conseils de maman pour recharger tes batteries :
- Déléguer et se relayer : Je ne peux que te conseiller de te reposer dès que tu en as l’opportunité, quitte à confier bébé au co-parent le temps d’une sieste ou d’une nuit pour que tu puisses récupérer des cycles de sommeil complets.
Doper son alimentation : Pour éviter les carences et maintenir ton niveau d’énergie tout au long de la journée, mise sur les super-aliments. Le moringa, la noix tigrée (le souchet) et le bissap (hibiscus) sont de précieux alliés, notamment pour éviter une carence en fer.
Miser sur les bons nutriments : Intègre des bons gras (acides gras essentiels) et des fruits secs à tes collations pour obtenir un apport suffisant en vitamines et minéraux.
S’hydrater en continu : Veille à boire de l’eau régulièrement tout au long de la journée. Une bonne hydratation est indispensable pour maintenir la lactation, mais aussi pour préserver ton niveau d’énergie et tes capacités de concentration.
8. La reprise du travail et la poursuite de l'allaitement
En France, le congé maternité se termine généralement deux mois et demi après l’accouchement, alors que les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconisent un allaitement exclusif jusqu’aux six mois de l’enfant. Il est facile de comprendre que le système actuel ne favorise pas un allaitement long.
Le tire-allaitement peut être une solution, malgré la charge mentale démentielle que ça implique au quotidien. Cependant, même si le Code du travail impose aux employeurs de mettre à la disposition des salariées un espace dédié pour tirer leur lait, la réalité du terrain est bien différente et peu d’entreprises s’y conforment. Et devoir tirer son lait au travail dans des toilettes qui s’apparentent à un bouillon de culture, non merci !
Comment concilier allaitement et reprise du travail ?
Si tu refuses de céder aux sirènes du sevrage précoce, plusieurs alternatives s’offrent à toi :
Mettre en place un allaitement mixte : Tu peux conserver les tétées du matin et du soir à la maison, et laisser des biberons de lait infantile ou de lait maternel tiré chez la nounou ou à la crèche.
Faire valoir tes droits : La loi t’accorde une heure par jour sur ton temps de travail pour tirer ton lait ou allaiter ton enfant jusqu’à son premier anniversaire.
Trouver son propre rythme : personnellement, je n’ai pu allaiter exclusivement qu’à partir de mon troisième enfant ( et encore, pour bébé 4 ça n’a pas été en raison de notre histoire particulière), car là j’ai pu rester à la maison jusqu’aux six mois de l’enfant. Et comme je travaille à la maison depuis la naissance de bébé 5, j’ai pu l’allaiter exclusivement jusqu’à sa diversification alimentaire, et notre magnifique aventure lactée se poursuit depuis maintenant sept mois.
9. Allaiter en public
Au vu des polémiques actuelles sur les femmes qui donnent la tétée à l’extérieur, et face à la sexualisation constante du corps des femmes qui fait oublier que la poitrine des femmes est avant tout faite pour nourrir nos bébés, je peux tout à fait comprendre qu’il soit difficile de franchir ce cap.
Moi-même je n’ai pu oser allaiter en public qu’à la naissance de mon cinquième bébé, c’est-à-dire après plus de huit ans de maternité à mon actif! C’est la preuve que la confiance vient avec le temps et qu’il ne faut pas se mettre la pression.
Mes conseils pour oser donner le sein en public sereinement
Si tu as envie de sauter le pas pour ne plus t’interdire de sortir, voici mes conseils de maman :
Se détacher du regard des autres : C’est le conseil le plus important. Ton bébé a faim, il a besoin de téter, et c’est la seule chose qui compte. Tant pis pour ceux que cela dérange : ils n’ont qu’à détourner le regard.
Utiliser des vêtements d’allaitement adaptés : Aujourd’hui, il existe de superbes hauts d’allaitement avec des ouvertures zippées très discrètes. Tu peux aussi utiliser la technique des deux t-shirts (un débardeur que l’on baisse et un t-shirt que l’on remonte) pour garder le ventre et le haut de la poitrine couverts.
S’installer à l’abri des regards avec un lange : Si tu préfères allaiter discrètement sans attirer l’attention, tu peux simplement couvrir ton épaule et le corps de ton bébé avec une écharpe légère ou un grand lange en coton. Ton bébé pourra ainsi téter tranquillement à l’abri des regards indiscrets.
Repérer les lieux « allait-friendly » : Avant de sortir, repère les endroits dotés de coins calmes ou de salles d’allaitement (certains grands magasins, cafés associatifs ou parcs proposent des espaces très cosy).
10. La pression de l'entourage et les remarques culpabilisantes
« Ton lait n’est pas nourrissant », « tu comptes l’allaiter jusqu’à quand? »… Quelle femme qui allaite n’a jamais entendu ce genre de phrase assassine? Malheureusement, beaucoup d’allaitements se terminent prématurément à cause des pressions de l’entourage familial ou amical, parfois même à cause du co-parent.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’entourage ne fait souvent que projeter ses propres insécurités sur toi. Certaines femmes qui n’ont pas pu ou pas réussi à allaiter longtemps projettent parfois leur propre déception. Quant au papa, il peut se sentir temporairement inutile ou mis à l’écart de cette relation fusionnelle.
Comment faire face aux critiques sur l'allaitement?
Communiquer avec le co-parent : S’il s’agit de ton partenaire, rassure-le en lui faisant comprendre qu’il a toute sa place auprès de son bébé. Rappelle-lui qu’il y a des dizaines d’autres façons de prendre soin de lui et de créer un lien fort en dehors des repas (le bain, le change, le peau à peau, les balades, l’endormissement
Ignorer les donneurs de leçons : S’il s’agit de personnes plus éloignées et que tu n’as pas la force de les remettre à leur place, ignore simplement leurs réflexions.
Après la naissance de mon 5e enfant, ma mère n’a pas cessé d’essayer de me faire abandonner l’allaitement exclusif, sous prétexte que mon lait seul n’était pas assez nourrissant pour bébé. J’ai tenu bon, et 7 mois après, elle est impressionnée de voir que mon lait seul avait permis de faire grandir son petit-fils.
Écoute-toi. Tu es la mieux placée pour savoir ce qu’il y a de mieux pour ton bébé et toi. Et ça, c’est le plus important.
Conclusion : Fais-toi confiance pour ton aventure lactée
Mener un allaitement à terme, qu’il dure deux mois, six mois ou plusieurs années, est un chemin semé d’embûches. Entre les freins physiologiques comme l’engorgement, les douleurs des crevasses et le manque de soutien systémique ou familial, il est tout à fait normal de douter ou de traverser des moments de découragement.
Souviens-toi qu’il n’y a pas de « petit » allaitement : chaque tétée donnée est un cadeau pour ton bébé et une victoire sur ces difficultés. L’essentiel est que cette aventure te convienne, à toi et à ton enfant, loin des injonctions de la société ou des projections de ton entourage.
Si tu te sens parfois submergée par la charge mentale du post-partum ou par les doutes de la maternité, sache que tu n’es pas seule. Pour t’accompagner au quotidien et t’aider à vivre cette période avec plus de sérénité, j’ai conçu deux outils indispensables pour les mamans :
Primipare, la maternité expliquée à ma meilleure amie : Le guide bienveillant pour décoder les réalités du post-partum, de l’allaitement et des premiers mois avec bébé, sans aucun tabou.
Le Journal de gratitude pour maman extraordinaire et… débordée : Un espace rien qu’à toi pour déposer tes émotions de la journée, célébrer tes petites victoires (comme une tétée réussie dans le calme !) et prendre soin de ta santé mentale.
Tu es une maman formidable. Fais-toi confiance, écoute ton instinct, et avance un jour à la fois.
FAQ : Tes questions sur les difficultés de l'allaitement
Comment savoir si mon bébé prend assez de lait lors d'un pic de croissance ?
Pendant un pic de croissance, l'attitude de ton bébé peut te faire croire que tu manques de lait. Pour te rassurer, fie-toi aux couches : si ton bébé mouille au moins 5 à 6 couches d'urine par 24 heures et qu'il a des selles régulières, c'est le signe qu'il boit à sa faim. Fais-toi confiance, ta production de lait s'ajuste selon les besoins de bébé.
Quelle est la différence entre un engorgement et une mastite ?
L’engorgement est un problème mécanique : le sein est trop plein, dur et tendu parce que le lait s'accumule. La mastite, elle, est une inflammation plus grave, souvent causée par une infection bactérienne (via une crevasse) ou un engorgement non traité. Elle se reconnaît à ses symptômes pseudo-grippaux : une fièvre supérieure à 38,5°C, des frissons et une zone rouge très douloureuse sur le sein.
Est-il possible de continuer à allaiter en cas de crevasses sanglantes ?
Oui, il est tout à fait possible et même recommandé de poursuivre l'allaitement maternel malgré des crevasses, car sauter des tétées risquerait de provoquer un engorgement. Le sang éventuellement ingéré par le bébé n'est absolument pas dangereux pour lui. Pour soulager la douleur le temps de la cicatrisation, tu peux utiliser temporairement des bouts de sein en silicone.
Combien de temps à l'avance faut-il préparer la reprise du travail ?
Si tu optes pour le tire-allaitement ou un allaitement mixte à la reprise du travail, il est idéal de commencer à tirer ton lait et à faire de petits stocks environ 3 à 4 semaines avant la date du retour au bureau. Cela te permettra d'apprivoiser votre tire-lait sans stress et d'habituer doucement votre bébé à un autre contenant (biberon, tasse ou cuillère).
Que répondre aux proches qui critiquent la durée de mon allaitement ?
La meilleure réponse reste celle de votre détermination et des faits scientifiques. Vous pouvez rappeler bienveillamment que l'OMS recommande un allaitement exclusif jusqu'à 6 mois et poursuivi jusqu'aux 2 ans de l'enfant. Si le dialogue est impossible, protégez votre santé mentale : un simple "Ce choix convient parfaitement à notre bébé et à moi-même" suffit pour clore le débat.
